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Les Romands et l’eau en 2026 : confiance, inquiétudes et attentes.

Les Romands et l’eau en 2026 : confiance, inquiétudes et attentes.

 

Les Romands et l'eau en 2026 - Journée mondiale de l'eau - Qualinsight

 

86% des Romand·es boivent l’eau du robinet (directe ou filtrée). Pourtant, 1 personne sur 5 a vu sa confiance baisser ces dernières années, et 61% s’inquiètent des micropolluants. À quelques jours de la Journée mondiale de l’eau (22 mars), notre baromètre exclusif auprès de 575 habitants de Suisse romande révèle un capital confiance fragile, des comportements qui évoluent, et des attentes claires envers les entreprises, distributeurs et collectivités.

Un sujet au cœur de l’actualité — et dans tous les esprits

L’eau n’a jamais été autant dans l’actualité romande qu’en ce début 2026.

  • En juin 2025, la RTS révèle qu’Henniez (Nestlé Waters) filtrait illégalement ses sources depuis 14 ans, des sources polluées aux pesticides. Résultat : une amende de 500 000 CHF et une onde de choc dans l’opinion. Selon le rapport, 14 producteurs d’eau en bouteille sur 18 utiliseraient des filtres pour respecter les normes. Une information qui a profondément marqué les esprits.
  • Dans le même temps, la Ville de Nyon présente son Hydriscore, un baromètre hebdomadaire des réserves d’eau (de 0 à 4) face à des nappes phréatiques en recul depuis 15 ans.
  • Et du côté financier, Swisscanto lance une campagne autour de l’investissement dans la thématique de l’eau ; signal que le secteur économique commence à intégrer ce risque dans ses priorités.

C’est dans ce contexte que Qualinsight a voulu prendre le pouls des Romand·es : que pensent-ils réellement de l’eau qu’ils boivent ? À qui font-ils confiance ? Et qu’attendent-ils des acteurs qui les entourent ?

L’eau du robinet : un réflexe helvétique, mais sous tension

En Suisse, on se targue d’avoir parmi les meilleures eaux au monde. Et les chiffres semblent confirmer : 86% des Romand·es consomment principalement l’eau du robinet au quotidien ;  directement (78%) ou après filtration (8%). L’eau en bouteille reste une consommation principale pour seulement 9% de la population.

Pourtant, sous cette apparente confiance, quelque chose se fissure. 20% des habitants déclarent que leur confiance dans l’eau du robinet a diminué ces dernières années. Pas d’effondrement ;  74% estiment leur confiance stable,  mais un signal critique à ne pas laisser sans réponse. D’autant que 25% des habitants se sentent peu ou pas informés sur la qualité de leur eau.

Dans ce contexte, le scandale Henniez n’a certainement pas aidé. La question n’est plus « est-ce que mon eau est bonne ? » mais « est-ce qu’on me dit vraiment tout ? »

Ce qui inquiète : les micropolluants, loin devant tout le reste

Quand on demande aux Romand·es ce qui les préoccupe dans leur eau du robinet, la réponse est sans ambiguïté :

 

 

 

 

 

 

 

 

Ces chiffres parlent d’eux-mêmes : l’enjeu n’est pas la qualité objective de l’eau, mais la perception de cette qualité,  et la capacité des acteurs concernés à combler le déficit d’information. Les micropolluants et résidus chimiques dominent largement les préoccupations : ce sont des menaces invisibles, difficiles à détecter sans expertise, et qui alimentent précisément le doute.



La bouteille plastique : toujours là, mais pour de moins en moins bonnes raisons

Malgré la domination du robinet, 93% des Romand·es achètent encore de l’eau en bouteille à l’occasion. Mais les motivations évoluent profondément.

63% ont déjà réduit ou essayé de réduire leur consommation de plastique ( dont 42% clairement et 21% partiellement).

Résultat : l’achat en bouteille se concentre sur des moments précis, avec 43% qui n’achètent qu’occasionnellement. Révélateur aussi : 17% des Romand·es utilisent désormais un système de filtration à domicile ; une alternative en croissance qui témoigne d’une méfiance latente à l’égard du robinet non traité.

Pour les acteurs du retail et les marques d’eau, c’est un signal fort : le marché ne disparaît pas, mais il se fragmente et se concentre sur des occasions spécifiques. Le consommateur arbitre d’abord par le prix (60%) et le goût (41%). La qualité perçue et la transparence sur la composition arrivent loin derrière, mais pourraient faire la différence dans un contexte post-scandale.



Les habitants veulent agir — mais attendent que les grands joueurs bougent en premier

L’un des enseignements les plus frappants de ce baromètre : 92% des habitants font déjà au moins un geste pour économiser l’eau au quotidien comme lancer la machine seulement quand elle est pleine (72%), réduire la durée des douches (55%), installer des équipements économes (35%). La conscience écologique est là, massive et ancrée.

Mais quand on leur demande qui doit agir en priorité pour une meilleure gestion de l’eau, la réponse est sans appel :

                • 63% pointent les entreprises et industries
                • 53% les pouvoirs publics
                • 43% le grand public

Autrement dit : les gens ont conscience de leur rôle, mais ils ne veulent pas être les seuls à porter l’effort. Ils attendent que les acteurs économiques et institutionnels montrent l’exemple. La volonté d’action individuelle existe (4,2/6 en moyenne) — mais la préoccupation globale reste modérée (3,3/6). Les citoyens sont prêts à être entraînés, pas à piloter seuls.

79% pensent que les enjeux eau vont augmenter, et les acteurs financiers sont encore absents du radar

79% des Romand·es estiment que les enjeux liés à la gestion de l’eau en Suisse vont devenir plus importants dans les prochaines années. C’est un consensus rare dans une étude d’opinion.

Pourtant, quand on leur demande qui doit jouer un rôle dans cette transition, les banques et assurances sont encore largement absentes des réflexes spontanés. Et pourtant : 50% voient un rôle pour ces acteurs (14% un rôle central, 36% un rôle limité), 57% seraient intéressés par des financements d’équipements économes, et 60% attendent des investissements dans les infrastructures hydrauliques. La campagne Swisscanto en 2026 autour de l’eau comme thématique d’investissement est précisément le premier signal d’un positionnement possible, encore vierge en Suisse romande.

L’enjeu existe. La légitimité des acteurs financiers est à construire, et ceux qui s’y positionnent maintenant ont une fenêtre d’avance.

 

L’insight inattendu : informer, c’est déjà rassurer

Ce baromètre met en lumière un levier sous-estimé : le déficit d’information est l’un des premiers vecteurs d’érosion de la confiance. 25% des habitants se sentent très peu informés sur la qualité de leur eau. C’est dans les autorités publiques et les services industriels/ Distributeurs d’eau que les Romands font le plus confiance concernant l’information sur le sujet de l’eau.

Le scandale Henniez l’a montré brutalement : quand l’information vient de l’extérieur (ici la RTS), elle fragilise. Quand elle vient de l’acteur lui-même, en avance et avec pédagogie, elle rassure. Les acteurs qui prennent la parole de façon transparente, régulière et proactive sur la qualité de l’eau ont un avantage compétitif réel. Ceux qui restent silencieux laissent le terrain aux inquiétudes et aux révélations extérieures.

4 leviers concrets pour agir selon votre secteur

  1. Distributeurs d’eau (Services Industriels, collectivités) : votre capital confiance est un actif stratégique. Mesurez-le, soignez-le, communiquez dessus activement, surtout là où il se fragilise. Adressez proactivement les micropolluants avec pédagogie et transparence totale, avant que l’information ne vienne d’ailleurs.
  2. Marques et retail (eau en bouteille, alimentaire) : le marché se concentre sur des occasions précises. Repositionnez vos offres sur la mobilité et la praticité. 63% veulent réduire le plastique : les formats alternatifs (verre consigné, carton, vrac) sont une opportunité. Et dans un post-scandale, la transparence sur la composition est un vrai différenciateur.
  3. Banques et assurances : l’eau est en train de devenir un sujet ESG grand public. Entrez dans le débat maintenant, sur des offres concrètes (financement d’équipements économes, couverture risques climatiques). Le premier à prendre position crédiblement le fera à moindre coût ; la campagne Swisscanto montre que la fenêtre s’ouvre.
  4. Collectivités et communes : vos habitants font déjà des gestes (92%) et vous attribuent la responsabilité d’agir en priorité (53%). La Journée mondiale de l’eau est une occasion de communication, mais la demande d’action est structurelle, pas ponctuelle. Capitalisez sur l’engagement existant avec des outils concrets.

Téléchargez le rapport complet gratuitement

Cet article présente les grandes lignes du baromètre. Le rapport complet contient l’ensemble des données par canton, par tranche d’âge et par profil de consommation, ainsi que des extraits ciblés par secteur (Services industriels, Retail, Banques & Assurances, Collectivités & Communes).

→ Télécharger le rapport gratuit : Les Romands et l’eau 2026 — Confiance, inquiétudes et attentes (Qualinsight)

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Ces chiffres vous parlent et vous aimeriez aller plus loin, explorer vos données propres, lancer une étude sur votre périmètre, ou comprendre ce que vos clients pensent concrètement de l’eau ? Contactez-nous directement.


Méthodologie

Baromètre réalisé par Qualinsight auprès de 575 résidents de Suisse romande, via le panel interne « Votre Opinion ». Sondage en ligne, terrain réalisé du 15 au 21 février 2025. Échantillon représentatif par quotas (âge, sexe, canton) : Vaud 38%, Genève 24%, Valais 13%, Fribourg 9%, Neuchâtel 8%, Jura 4%, Berne 4%. Femmes 51%, hommes 48%, autres 1%. Tranches d’âge : moins de 35 ans 31%, 35-54 ans 35%, 55 ans et plus 35%. Milieu de vie : ville 43%, campagne 35%, agglomération 21%. Publié à l’occasion de la Journée mondiale de l’eau, mars 2026.

Contact : Danilo Resciniti —


Qualinsight est un institut d’études de marché basé à Lausanne, actif en Suisse romande depuis plus de 15 ans. Nous accompagnons les PME, marques et organisations publiques dans leurs décisions stratégiques grâce à des études quantitatives et qualitatives ancrées dans la réalité du terrain romand.