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Gen Z en Suisse romande 2026 : comportements d’achat et leviers pour le retail

Gen Z en Suisse romande 2026 : comportements d’achat et leviers pour le retail

Gen Z et comportements d'achat en Suisse romande 2026 - étude Qualinsight retail

 

Seuls 14 % des moins de 30 ans citent la marque comme critère d’achat. 62 % ont peur de manquer d’argent. Et 85 % changent d’avis en magasin suite à un avis extérieur. La Gen Z romande ne ressemble pas aux portraits que vous en faites. Notre analyse croisée de plusieurs études internes révèle une génération sous pression, ultra-connectée, et prête à vous surprendre si vous savez l’approcher.

Pourquoi la Gen Z change vraiment la donne en Suisse romande

Fin 2025, un basculement démographique s’est produit en Suisse : pour la première fois, le nombre de résidents de 65 ans et plus a dépassé celui des moins de 20 ans. (Source : OFS STATPOP 2024, Statistique Vaud mars 2025, OCSTAT Genève 2024) Un tournant qui redéfinit les priorités marketing de nombreuses enseignes vers les seniors, vers la fidélisation des actifs établis.

Sauf en Suisse romande.

Trois raisons expliquent cette exception romande. D’abord, l’attractivité universitaire : l’EPFL, l’UNIL, l’Université de Genève et l’Université de Fribourg concentrent des dizaines de milliers d’étudiants, maintenant une population jeune et mobile dans les cantons de Vaud, Genève et Fribourg. Ensuite, une immigration structurellement jeune : en Vaud et Genève, 56 % des nouveaux arrivants ont entre 20 et 39 ans, alimentant un tissu de consommateurs en début de vie active. Enfin, un coût du logement encore accessible à Fribourg, qui attire les jeunes familles et fait du canton le plus jeune de Suisse — avec 21,7 % de moins de 20 ans. (Sources : Statistique Vaud mars 2025, OCSTAT Genève 2024)

La conséquence pour le retail est directe : si vous avez des points de vente en Suisse romande, la Gen Z n’est pas une cible de demain : c’est une cible stratégique aujourd’hui. Elle est surreprésentée dans vos trois cantons les plus denses. La comprendre n’est pas un exercice de prospective, c’est une nécessité opérationnelle immédiate.

Pour répondre à cette question avec des données ancrées dans la réalité romande, Qualinsight a croisé plusieurs de ses études internes ( sur le pouvoir d’achat, les usages de l’intelligence artificielle et les attentes RSE ) en se concentrant sur les comportements des moins de 30 ans. Voici ce que les données révèlent.

1. Une génération sous pression, et ça change tout

Pour comprendre comment la Gen Z achète, il faut d’abord comprendre dans quoi elle vit. Cette génération a grandi avec une accumulation de chocs : le COVID pendant ses années de construction identitaire, les réseaux sociaux et leur pression permanente sur l’image, les guerres et la crise climatique comme bruit de fond constant, et un accès aux soins psychologiques saturé.

35 % des jeunes Romand·es perçoivent une baisse de leur pouvoir d’achat. 62 % déclarent avoir peur de manquer d’argent. 49 % craignent l’échec professionnel. 41 % des moins de 30 ans se disent inquiets face à la crise climatique.

Ce contexte a une conséquence directe et souvent mal comprise : pour la Gen Z, le prix n’est pas un critère d’achat, c’est un filtre d’entrée. Ils éliminent d’abord tout ce qui dépasse leur budget, puis seulement ils choisissent. Ce n’est pas de la frugalité par philosophie. C’est de la survie économique quotidienne.

2. Ce qu’ils veulent vraiment, et comment les convaincre

 

💰 Le prix prime, mais la marque est déclassée

Le chiffre clé : 66 % citent le prix comme premier critère d’achat alimentaire. Seulement 14 % mentionnent la marque.

La hiérarchie des critères d’achat alimentaire est sans appel : le prix arrive en tête (66 %), suivi des promotions (50 %) et des habitudes (48 %). La qualité n’arrive qu’en quatrième position (37 %), le local en cinquième (29 %), les valeurs en sixième (25 %). La marque, elle, ferme le classement à 14 %.

Ce n’est pas que la marque ne compte plus. C’est qu’elle ne compense plus un mauvais rapport qualité-prix. Le capital de marque est déclassé au profit de la valeur perçue immédiate.

Ce que nos études nous ont appris, c’est que cette contrainte budgétaire est une réalité très concrète, ancrée dans le quotidien. Un jeune qui s’arrête manger à midi a déjà un budget en tête, que ce soit pour choisir un plat à emporter, une formule sandwich ou une option rapide près de son lieu d’études. Dans l’une de nos rencontres terrain, l’un d’eux nous l’a dit clairement : « J’ai 10 francs. Au-dessus, autant aller au resto U. » Ce budget-plafond s’applique partout : en supermarché, dans un snack, chez un traiteur, dans une boulangerie. Il n’est pas négociable. Il structure l’entrée dans le rayon ou la lecture de la carte, le choix dans le panier ou la commande, et la décision finale. Pour tous les acteurs du retail alimentaire ou de la restauration rapide, cela signifie que la lisibilité immédiate des prix et la prévisibilité des offres ne sont pas des détails, ce sont des conditions d’accès à cette clientèle.

 

🍱 Cas business — Restauration rapide & food à emporter
Un étudiant entre dans votre snack entre deux cours. Il a 10 francs en poche. Si votre carte n’est pas lisible en moins de 30 secondes, si le prix de la formule est caché au fond du tableau, ou si votre option « petit budget » est introuvable, il repart. Pas parce qu’il ne voulait pas consommer chez vous. Parce que vous n’avez pas rendu la décision simple.

 


👥 Le magasin est un lieu social, pas un lieu de transaction

Le chiffre clé : 85 % des moins de 30 ans changent d’avis suite à un avis extérieur et les achats sont le domaine le plus influencé (47 %).

La Gen Z ne vient pas seule en magasin. Elle vient à plusieurs, traîne, teste, compare en live sur son téléphone, demande l’avis de l’ami qui est là. La décision d’achat est collective, et elle se prend souvent pendant la visite, pas avant.

 

Cette réalité pose une question stratégique fondamentale : votre espace est-il conçu pour accueillir une décision collective ?

🎲 Cas business — Retail spécialisé (jeux, loisirs, culture)
Vous vendez des jeux de société pour adultes. Est-ce que votre magasin propose un espace où un groupe peut s’asseoir, tester, débattre ensemble avant d’acheter ? Si non, vous n’avez rien de plus à offrir qu’Amazon : qui livrera le même produit le lendemain, sans déplacement. L’expérience collective en magasin est votre seul avantage concurrentiel réel sur le e-commerce.
🚉 Cas business — Centres commerciaux & lieux de flux (gares, halles)
Votre objectif n’est pas d’être un lieu de passage : c’est de devenir un lieu de destination. Un étudiant qui traverse votre espace pourrait s’y poser pour travailler, retrouver des amis, faire une pause entre deux cours. Si vous lui en donnez la possibilité, vous créez une opportunité de consommation là où il n’y en avait pas. Le lieu de transit devient lieu de décision, et donc de chiffre d’affaires.

Message clé : « Transformez votre espace en lieu où l’on a envie de rester, pas juste de passer. »



📱 La décision se prend sans vous, sauf si vous entrez dans la boucle

Le chiffre clé : 44 % de la Gen Z utilisent l’IA quotidiennement, et 33 % l’utilisent spécifiquement pour comparer les prix.

Avant même d’entrer en magasin, la Gen Z a déjà une opinion. Elle a demandé à ChatGPT, scrollé sur TikTok, lu des avis et en a parlé à un ami. Vous n’êtes plus dans la boucle de décision sauf si vous y avez activement pénétré.

L’IA s’installe dans le parcours d’achat de manière structurelle : 45 % l’utilisent pour générer des idées d’achat, 33 % pour comparer les prix. Mais ils l’utilisent avec un regard critique, le score de confiance moyen envers l’IA est de 3,6 sur 6. Ils s’en servent comme outil de filtrage, pas comme oracle. Ce qui compte, c’est d’apparaître dans ce filtre.

🛋️ Cas business — Équipement maison & retail généraliste
Un étudiant cherche un canapé pour moins de 200 francs. Il ouvre ChatGPT ou tape sa recherche sur TikTok. Si votre enseigne n’apparaît pas dans ces résultats, ni dans les suggestions IA, ni dans le contenu vidéo, ni dans les avis partagés par ses pairs, vous n’existez tout simplement pas dans son funnel de décision. Peu importe que vous ayez le meilleur canapé à 180 francs en ville.

Cela soulève aussi une question plus profonde sur la fidélisation. Avant, on cherchait à faire revenir le client en magasin : programme de fidélité, carte de points, offres ciblées. Mais pour cette génération, le retour en magasin ne se provoque pas par un email promotionnel. Il se déclenche parce qu’un algorithme a poussé un contenu, parce qu’un ami a envoyé un Reel, parce qu’un créateur de contenu a mentionné votre enseigne. Le programme de fidélisation le plus efficace pour la Gen Z, c’est le contenu qu’ils génèrent eux-mêmes sur vous. Votre objectif n’est pas de les faire revenir, c’est de leur donner envie d’en parler.

Message clé : « Soyez là où la décision se prend, avant même qu’ils franchissent votre porte. »


♻️ Ils veulent consommer bien, mais le « bien » doit être abordable

Le chiffre clé : 55 % attendent moins d’emballages plastiques, 51 % un soutien à la production locale, 49 % des produits écologiques accessibles. Mais seulement 14 % prennent réellement en compte l’impact socio-économique lors de leurs achats.

C’est peut-être la tension la plus inconfortable de cette génération : ils ont grandi avec la conscience aiguë que les générations avant eux ont mal géré la planète. Le climat, les emballages plastiques, la fast fashion, l’agriculture intensive ; tout cela pèse sur eux d’un poids moral qu’ils n’ont pas choisi. 55 % attendent moins d’emballages plastiques, 51 % un soutien à la production locale, 49 % des produits écologiques accessibles.

Mais seulement 14 % prennent réellement en compte l’impact socio-économique au moment de l’achat. Pas par cynisme ou hypocrisie, par impossibilité économique. Ils portent la culpabilité climatique, mais pas le budget pour la racheter à chaque passage en caisse.

👕 Cas business — Mode & prêt-à-porter
Vous entrez dans votre magasin. En tant que client Gen Z, vous voulez savoir en 3 secondes si ce jean est fabriqué en Europe et si les matières sont recyclées. Si vous devez scanner un QR code pour atterrir sur le site de la marque et chercher cette information vous-même, c’est déjà trop tard. Ces informations doivent être visibles sur l’étiquette, sur le cintre, sur la vitrine. Pas à deux clics.

Ici aussi, la friction est l’ennemi. Un engagement responsable illisible est un engagement invisible.

Message clé : « Bien consommer ne devrait pas coûter plus cher, ni demander un effort supplémentaire. »



3. L’insight qui change tout : la friction est leur ennemi numéro un

Si une seule découverte devait retenir votre attention, c’est celle-ci : la Gen Z est une génération à bout. Pas paresseuse, pas capricieuse, épuisée. Par les études, la pression sociale, l’anxiété financière, l’incertitude climatique.

Dans ce contexte, chaque friction dans l’expérience d’achat est vécue comme une agression supplémentaire : une offre illisible, un prix caché découvert en caisse, trop de choix sans repère, une application qui plante, un vendeur absent. Chaque friction est un client perdu, pas pour ce jour-là seulement, mais durablement.

À l’inverse, les enseignes qui simplifient radicalement : prix clairs, parcours fluide, espace accueillant, personnel disponible, créent une fidélité émotionnelle difficile à déloger. La simplicité n’est pas un confort, c’est un soin.

5 leviers concrets pour les acteurs du retail

  1. Affichez les prix et les valeurs produits dès le premier regard. Budget-plafond en tête, lisibilité immédiate en rayon, zéro surprise en caisse. Pour la Gen Z, la transparence du prix n’est pas un avantage concurrentiel, c’est un prérequis d’entrée. Il en va de même pour vos engagements RSE : si l’information n’est pas visible dans les trois premières secondes, elle n’existe pas.
  2. Repensez votre espace comme un lieu de décision collective. Votre magasin doit offrir une raison de rester, pas juste de passer. Un coin pour s’asseoir, tester, débattre à plusieurs. Si vous ne proposez pas cet espace, vous n’avez rien de plus à offrir que le e-commerce, et eux le savent.
  3. Entrez dans le funnel de décision avant l’achat. Soyez présent là où la Gen Z cherche : TikTok, ChatGPT, avis en ligne. Un jeune qui cherche un canapé à moins de 200 francs ne pense pas à vous si vous n’apparaissez pas dans ces espaces. Optimisez vos fiches produits, votre présence IA, votre contenu social, c’est là que se joue la première sélection.
  4. Repensez la fidélisation : le contenu qu’ils créent sur vous est votre meilleur programme de retour. Oubliez les cartes de points pour cette cible. Ils reviennent parce qu’un ami leur a envoyé une vidéo, pas parce qu’ils ont accumulé des points. Donnez-leur une expérience qui donne envie d’en parler, et le bouche-à-oreille algorithme fera le reste.
  5. Éliminez les frictions, une par une. Auditez votre parcours client depuis leur point de vue : offre illisible, prix caché, trop de choix sans repère, QR code à scanner pour avoir une info basique. Chaque friction est un client perdu, pas pour ce jour-là seulement, mais durablement. La Gen Z est à bout. La simplicité n’est pas un confort, c’est un soin.

Téléchargez le rapport complet gratuitement

Cet article présente les grands enseignements de notre analyse croisée, mais le rapport complet va beaucoup plus loin : données détaillées par thématique (pouvoir d’achat, usages IA, attentes RSE), implications opérationnelles pour le retail, la grande distribution et les marques actives en Suisse romande, et pistes d’action concrètes prêtes à l’emploi.

→ Télécharger le rapport gratuit : Gen Z en Suisse romande — une génération sous contrainte qui redéfinit le retail (Qualinsight 2026)


Méthodologie

Analyse réalisée par Qualinsight à partir du croisement de plusieurs études internes menées auprès de résidents de Suisse romande via le panel « Votre Opinion » (études quantitatives en ligne). Toutes les données présentées sont issues de nos études internes, menées auprès des moins de 30 ans, et couvrent le pouvoir d’achat, les usages de l’intelligence artificielle, les attentes RSE et les comportements d’achat. Les contextes démographiques s’appuient sur des sources institutionnelles (OFS STATPOP 2024, Statistique Vaud mars 2025, OCSTAT Genève 2024).

Contact : Julia Pacifico, Directrice d’études —


Qualinsight est un institut d’études de marché basé à Lausanne, actif en Suisse romande depuis plus de 15 ans. Nous accompagnons les PME et organisations publiques dans leurs décisions grâce à des études qualitatives et quantitatives sur mesure.